Le profil FB, ou l’imposture

Un merci tout spécial et du fond du coeur à Bernard de Tysserand pour m’avoir soufflé le titre

— C’est à quel sujet ? demanda d’un ton las l’employé sans même lever les yeux vers l’individu furieux qui venait de franchir la porte de son bureau.

— Le sujet, c’est que vous avez désactivé mon compte sans préavis, le voilà le problème ! rugit l’homme en jetant sur le bureau une carte de visite.

L’employé reporta dans sa machine les informations fournies, scruta un moment l’écran, puis se retourna vers son visiteur.

— Effectivement, votre compte a été supprimé car il n’était pas conforme aux conditions d’utilisation du service. Je vois ici que vous avez utilisé un pseudonyme, ce qui n’est pas conforme.

Continuer la lecture

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS
Publié dans Herbes folles, Pétales épars | Laisser un commentaire

Merci de renvoyer l’ascenseur

Allez, encore deux étages et j’ai fini ma journée. Enfin ! J’ai bien cru que je n’y arriverais jamais. D’habitude, ça se passe plutôt bien, mais aujourd’hui… D’accord, je ne peux pas dire que j’aime passionnément mon boulot, et pour tout dire, il y a plus exaltant dans l’existence que d’aller d’une porte à une autre pour refourguer aux gens des choses dont ils n’ont pas besoin, mais ce n’est pas le bagne non plus. Quoique avec le nouveau chef…

Continuer la lecture

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS
Publié dans Herbes folles | Laisser un commentaire

Compte de fée

Je me rends compte que cela fait bien longtemps que je n’ai rien publié ici, la faute sans doute au temps qui passe, au temps qu’il fait, au temps pour moi. Au hasard d’un rangement dans mes tiroirs numériques, j’ai exhumé ce petit exercice issu d’un défi sur les forums d’Oniris et dont voici une version un peu remaniée. Le thème était la préciosité.

Lovée dans un majestueux fauteuil de brocart terni par les ans, Thalie contemplait la lente agonie du jour sur l’océan. Sur l’horizon, l’astre solaire aux joues enfiévrées, s’abîmait dans les molles ondulations d’une mer pailletée d’or, tandis que le ciel s’assombrissait inexorablement en un ultime chatoiement de pourpre et d’indigo. Elle closit un instant ses yeux songeurs, puis abaissa un regard las sur le verre de cristal finement ciselé qu’étreignaient ses doigts délicats. Au fond du calice armorié, dansait un sombre hypocras aux nuances de grenat.

Continuer la lecture

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS
Publié dans Pétales épars | Laisser un commentaire

Rosalie – Mais pourquoi ai-je glissé mes mains sous son matelas ?

Texte rédigé dans le cadre d’un concours de nouvelles sur le forum l’atelier d’écriture en réponse à la question : « Mais pourquoi ai-je glissé mes mains sous son matelas ? »

On s’est rencontrés un peu par hasard ; enfin j’aime à le croire. On s’est aimés, beaucoup ; enfin moi, je l’ai beaucoup aimée. Je dirais même que je la vénérais des pieds à la tête, de son esprit si éblouissant à son corps si parfait, jusqu’à son prénom, si exquisément inhabituel : Rosalie !

Longtemps j’ai cru que nous nous retrouvions chez moi parce que c’était plus facile, que mon appartement était plus grand ou moins loin. Je n’étais donc jamais allé chez elle, mais je m’en foutais parce que je l’aimais. Elle n’avait jamais non plus vraiment répondu à mes questions, toujours évasive, toujours dans l’élusion, mais là encore, parce que je l’aimais, j’avais gardé mes questions pour moi.

Continuer la lecture

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS
Publié dans Pétales épars | Laisser un commentaire

L’itinéraire des projections privées

Texte rédigé dans le cadre des défis de la Roulette russe du forum des jeunes écrivains – 57ème défi

 

– Alors, c’est l’histoire d’un marin pêcheur qui passe des mois en mer sur un thonier…

– Ah ouais, au moins c’est original comme cadre. Mais, t’es sûr de toi pour le poisson ?

– Hein ?

Continuer la lecture

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS
Publié dans Pétales épars, Roulette Russe | Laisser un commentaire

Le temps des pieuvres

Texte rédigé pour la Roulette russe du forum des jeunes écrivains – 54ème défi

La berline noire aux vitres fumées s’arrêta sur le bas-côté de la route. Le passager avant sortit et fit le tour du véhicule en examinant les alentours d’un oeil circonspect, une main glissée sous la veste. Il hocha la tête en direction du chauffeur, qui coupa le moteur, descendit et ouvrit la portière arrière.

– Vous pouvez sortir, Monsieur le président.

Continuer la lecture

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS
Publié dans Pétales épars, Roulette Russe | Laisser un commentaire

Compte de fée

Texte inspiré par un exercice sur le fil « contraintes contrastes » du site Oniris.be

Lovée dans un majestueux fauteuil de brocart terni par les ans, Thalie contemplait la fin du jour sur l’océan. Sur l’horizon, l’astre solaire aux joues enfiévrées, s’abîmait dans les ondulations d’une mer pailletée d’or, tandis que dans sa lumière mourante, le ciel s’assombrissait insensiblement. Pensivement, elle ferma les yeux un instant, puis son regard s’abaissa sur le verre de cristal finement ciselé qu’elle tenait dans entre ses doigts délicats. Au fond du calice élégamment armorié, dansait un sombre hypocras aux teintes de grenat. Longuement, elle écouta le silence, comme la nuit envahissait le château désert. Puis elle porta la coupe à ses lèvres et but, s’arrêtant entre chaque gorgée, le vin où l’on ne sentait pour ainsi dire plus que les notes amères et brûlantes des épices.

Continuer la lecture

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS
Publié dans Pétales épars | Laisser un commentaire

Réveillonnez-vous !

Texte inspiré par un exercice sur le fil « contraintes contrastes » du site Oniris.be dont l’énoncé était : « Imaginer une scène de réveillon peu ordinaire en utilisant dans l’ordre les conjonctions de coordination « mais, ou, et, donc, or, ni, car » ».

— Mais puisque je te dis que je ne sais pas où est la dinde !

— Oh ! Sérieusement, tu te fous de moi ou t’es vraiment dingue ?

— Non, non, je t’assure que la dinde a disparu. Ça s’est passé il y a quelques minutes, quasiment sous mes yeux. Je la pose dans le plat, je la mets dans le four, on sonne, je vais ouvrir – personne – et quand je reviens, plus de dinde. Pouf ! Envolée !

— Donc, si je te suis bien, pendant les quelques secondes où tu as quitté la cuisine, la dinde a pris la clé des champs. C’est ça ? Tant qu’on y est, tu vas peut-être me dire qu’elle est sortie par la fenêtre, qu’elle a pris soin de la refermer derrière elle, que…

Continuer la lecture

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS
Publié dans Herbes folles | Laisser un commentaire

Ouverture

À Pérégrine.

C’est un vrai matin de septembre comme je les aime où l’air pas encore froid vient picoter au visage, où la brume qui monte du sol est encore chargée des parfums de l’été. Le soleil a l’air d’être resté sous la couette. Pas moi. En plus de quarante ans de permis, je n’ai jamais manqué une ouverture, même malade, même pour la naissance de mon fils.

Je gare mon 4×4 en bordure du champ d’en bas et j’empoigne mon matériel. Les chiens surexcités sont à peine contrôlables. Je vais avoir du mal à les tenir jusqu’au ruisseau, mais pas question d’aller saloper la bagnole en descendant plus loin. Déjà qu’il a fallu choisir entre la voiture et la nouvelle salle de bains, ma femme ne me pardonnerait pas la facture de carrossier. Continuer la lecture

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS
Publié dans Herbes folles | Laisser un commentaire

La vie privée…

La vie privée pourrait bien être une anomalie – Vint Cerf – Google Inc.

— On a gagné ! On les a eus ! exulte Nathan en se précipitant vers Jade. Visiblement à regret, la jeune femme quitte sa pose indolente pour lever vers lui un oeil mi-interrogateur, mi-contrarié.

— Hein ? De quoi tu parles ? On a quoi ?

Nathan s’arrête brusquement et lève les yeux au ciel. Jamais il ne comprendra comment, malgré les efforts et toute l’énergie qu’il déploie depuis près de deux ans pour lui expliquer les enjeux, sa copine peut rester aussi imperméable à tout ce pourquoi il vit, à tous ses combats, à son militantisme, comme si pour Jade les libertés fondamentales du citoyen s’arrêtaient au droit de faire du shopping. Clairement, elle s’en fout. A moins évidemment qu’on en parle dans la dernière saison de Real Life, des Héros de la Night ou de La vie est belle…

Continuer la lecture

Share and Enjoy

  • Facebook
  • Twitter
  • LinkedIn
  • Add to favorites
  • Email
  • RSS
Publié dans Fleurs de silicium | Laisser un commentaire